Grève des poubelles à Marseille : les éboueurs débloquent les centres de transfert des déchets

En signe «d’apaisement», les éboueurs ont décidé de débloquer les centres de transfert des déchets, alors que le conflit social dure depuis une semaine. Mais ils comptent poursuivre la grève du ramassage dans trois arrondissements.

La ville de Marseille va pouvoir respirer un peu. En grève depuis mercredi, les éboueurs de la société Derichebourg, ont décidé, après une réunion en préfecture avec, notamment, les représentants de la Métropole Aix-Marseille-Provence (AMP), de libérer les centres de transfert des déchets. Surtout, les camions-bennes ont recommencé à ramasser les ordures qui débordent des trottoirs. «On a débloqué tous les sites (de transferts), on a fait un effort. Maintenant, la balle est dans le camp de Derichebourg», a indiqué Tahar Ghali, représentant FO du personnel et gréviste. Néanmoins la grève du ramassage se poursuit dans les 2e, 15e et 16e arrondissements de la ville, a indiqué Bernard Pizzo, délégué Force Ouvrière, à France Bleu Provence. «Nous ne bloquons plus que notre centre»dans le 15e arrondissement, a ajouté Tahar Ghali.

Des ordures évacuées dans la nuit

Cette nuit, dans un climat de tension, la municipalité a réussi «à faire évacuer 40 bennes vers d’autres centres de tris» et «à dégager en priorité les abords des hôpitaux et des écoles». Mais «vers 23H00, des vigiles de la société ont forcé le barrage des grévistes et ont blessé deux personnes», selon Tahar Ghali. Preuve d’un climat particulièrement délétère: «Deux bennes non grévistes ont collecté dans le deuxième secteur entre 23H00 et 04H00, sous le contrôle de deux huissiers. À plusieurs reprises les bennes ont été empêchées de circuler et la police est intervenue», a affirmé le directeur général du nettoiement chez Derichebourg, Emmanuel Brun. Des déclarations contredites auprès de l’AFP par la direction départementale de la police nationale, qui a indiqué ne pas être intervenue, ni avoir été saisie de demandes d’escortes.

200 salariés grévistes

«Nous ne sommes pas une minorité, nous sommes 100% de grévistes, donc plus de 200 personnes», affirme Tahar Ghali. La raison de ce mouvement? Le maintien d’une prime qui, selon les éboueurs, a été réduite par la société lorsqu’elle a pris la place de prestataire principal du ramassage d’ordures dans certains arrondissements, notamment les 2ème, 15ème et 16ème.

Dericherbourg dénonce, de son côté, des revendications qui «évoluent au fil des négociations» et l’intervention «de représentants syndicaux extérieurs à l’entreprise, salariés de sociétés concurrentes» qui «empêchent le dialogue, surenchérissent en permanence et s’expriment dans la presse en alimentant le conflit par de fausses informations».

De bonnes conditions de travail

Derichebourg a assuré que les conditions de travail qu’elle proposait aux salariés marseillais leur offraient une augmentation de pouvoir d’achat, indiquant également que des primes de 8 à 80 euros seraient versées. Selon l’entreprise, «depuis la reprise des contrats par le groupe Derichebourg, la direction a constaté que le temps de travail des personnels transférés des sociétés précédemment délégataires des contrats dépasse rarement 4 heures par jour pour un salaire moyen mensuel de 2.250 euros brut pour un équipier de collecte à 2.530 euros brut pour un chauffeur (…) Certains salariés quittent leur poste à minuit alors même qu’ils sont payés jusqu’à 04H00 du matin, obligeant, de ce fait, à engager quotidiennement des moyens supplémentaires de rattrapage.»

Sur RMC, Samia Ghali, sénatrice des Bouches du Rhône et maire des 15 et 16ème arrondissements, s’indignait, lundi: «Les Marseillais paient les impôts les plus chers de France. Ils ne doivent pas être les moins bien traités!» Elle a également dénoncé la façon «archaïque» et «moyenâgeuse» de gérer la propreté de la ville et de faire le tri dans la cité phocéenne. «On ne peut pas laisser la ville dans l’état dans lequel elle est!»

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