La pauvreté aurait légèrement diminué en France en 2016

Selon les estimations de l’Insee, le taux de pauvreté en France atteint près de 14% mais il aurait reflué grâce aux politiques fiscales et sociales lancées sous l’ère de François Hollande.

C’est cette 30e journée mondiale du refus de la misère que l’Insee a choisi pour publier sa nouvelle estimation du taux de pauvreté en France. Selon l’institut, ce dernier atteint 13,9% de la population en 2016 contre 14,2% en 2015. La baisse est très légère (-0,3 point) mais suffisante pour être signalée, selon l’Insee. Elle fait en effet suite à deux années consécutives de hausse (+0,2 point en 2014 et en 2015). «Le taux de pauvreté en 2016 serait ainsi inférieur de 0,7 point à son point haut de 2011, mais supérieur de 0,7 point à son niveau d’avant la crise de 2008», explique l’institut. Ce dernier enregistre aussi un recul des inégalités de niveau de vie. Ainsi, l’indice Gini, qui varie entre 0 (situation d’égalité parfaite) et 1 (situation la plus inégalitaire possible), atteint 0,290 en 2016, en baisse après deux années de hausse.

Pour l’Insee, cette baisse de la pauvreté et des inégalités s’explique par la politique menée en fin de quinquennat par François Hollande. Cette dernière s’est traduite par une «redistribution en faveur des ménages les plus modestes», écrit l’Insee. L’institut de statistiques cite en exemple la création en 2016 de la prime d’activité en substitution de la prime pour l’emploi et du volet «activité» du revenu de solidarité active (RSA). «La prime d’activité cible davantage les actifs les plus modestes que les deux dispositifs précédents et son taux de recours est largement plus élevé que celui au RSA activité. De fait, la baisse du taux de pauvreté liée à la redistribution serait la plus marquée pour les principaux bénéficiaires de la prime d’activité, à savoir les travailleurs aux revenus modestes, les actifs à la tête d’une famille monoparentale et les jeunes actifs de 18 à 24 ans». Sans ces mesures, «le taux de pauvreté calculé à partir des niveaux de vie serait quasi stable entre 2015 et 2016 (…) Les prestations sociales (minima sociaux, prestations familiales, allocations logement et prime d’activité) et les prélèvements directs expliqueraient donc l’essentiel de la baisse de la pauvreté monétaire», notent les auteurs de l’étude.

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La baisse des inégalités s’expliquerait de la même façon. «De fait, sous l’effet de la mise en place de la prime d’activité, ainsi que de la nouvelle revalorisation exceptionnelle de 2% du RSA, le niveau de vie des 20% des individus les moins aisés augmenterait davantage en euros constants que celui des individus situés au-dessus du deuxième décile de niveau de vie», souligne l’Insee. Si ces mesures n’avaient pas été mises en place, «les inégalités avant redistribution augmenteraient légèrement en 2016, notamment du fait d’une progression des salaires des cadres un peu plus dynamique que celle des employés et ouvriers. Les mesures socio-fiscales feraient plus que compenser ce phénomène et conduiraient à une baisse des inégalités», assure l’Insee.

Les jeunes dans le viseur du gouvernement

Ces chiffres avancés pour 2016 sont basés sur une méthode d’estimation expérimentale, précise l’Insee, qui publiera les données définitives en septembre 2018. Ils ne sont toutefois pas éloignés de ceux publiés par Eurostat: l’office statistique de l’Union européenne estime que le taux de risque de pauvreté en France atteint 13,6% (part des personnes dont le revenu total du ménage disponible est inférieur au seuil de risque de pauvreté monétaire, fixé à 60% du revenu disponible équivalent médian national après transferts sociaux). Un niveau inférieur à la moyenne de l’Union européenne (17,2%) mais qui reste plus élevé qu’en 2008 (12,5%).

Dans ce contexte, Emmanuel Macron va annoncer ce mardi le lancement d’une concertation sur une nouvelle politique de lutte contre la pauvreté qui ciblera l’enfance et la jeunesse. Le taux de pauvreté en France atteint près de 20% chez les enfants et les jeunes: 3 millions d’enfants, soit un enfant sur 5, vit dans une famille sous le seuil de pauvreté.

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