Les jeunes Britanniques empruntent de plus en plus

INFOGRAPHIE – Selon les autorités, ces emprunts financent de plus en plus des besoins du quotidien. En cinq ans, les crédits à la consommation ont augmenté de 19% au Royaume-Uni. En France, cette catégorie de prêts continue également de croître.

Si le taux de chômage des 16 à 24 ans a baissé en dix ans – selon les chiffres de l’ONS -, les jeunes Britanniques éprouvent de plus en plus de difficultés à subvenir à leurs besoins. «Nous remarquons une montée en puissance de l’endettement parmi les jeunes», a confirmé Andrew Bailey, directeur de la Financial Conduct Authority [NDRL: le régulateur britannique de la comptabilité], au micro de la BBC. «Il ne faut surtout pas penser qu’il s’agit d’emprunts irréfléchis (…). Il ne s’agit pas de crédit au sens classique du terme, mais de pouvoir répondre aux besoins vitaux de la vie quotidienne, dans de nombreux cas». Les jeunes qui se retrouvent en incapacité de rembourser sont de plus en plus nombreux. Entre 2015 et 2016, le nombre de 18-34 ans devenus insolvables a augmenté de près d’un tiers, rappelle le Guardian, qui cite les données de l’Insolvency Service.

Ce phénomène intervient dans un contexte particulier au Royaume-Uni. La dette cumulée des crédits à la consommation atteint un niveau jamais vu depuis décembre 2008: 203 milliards de livres sterling, soit 228 milliards d’euros, selon les dernières données ajustées de la Bank of England. Pour rappel, ce montant exclut les emprunts immobiliers et comprend notamment les crédits auto, les prêts personnels et les découverts. En cinq ans, les crédits à la consommation ont ainsi augmenté de 19% au Royaume-Uni, souligne le Guardian.

La tendance va sans doute se durcir, alors que les prix à la consommation bondissent outre-Manche. L’inflation a ainsi atteint la barre des 3% en septembre sur un an pour la première fois depuis cinq ans, dopée par la baisse de la livre sur fond de Brexit, a annoncé l’Office des statistiques nationales (ONS).

La croissance du crédit à la conso continue en France

Un phénomène similaire est-il observable en France? Si l’on se penche sur les chiffres de la Banque de France, on constate une hausse du taux d’endettement des ménages [NDLR: les particuliers, auxquels sont ajoutés les entrepreneurs individuels et les associations]. Au premier trimestre 2017, cet indicateur, en pourcentage du revenu disponible brut, atteint 89,7%. Pour rappel, l’indicateur sur l’endettement des ménages correspond à l’ensemble des crédits contractés auprès des intermédiaires financiers français et étrangers.

La croissance des crédits à la consommation se poursuit également. L’encours de crédit à la consommation aux particuliers s’établit ainsi à 164 milliards d’euros, en août dernier. Soit un taux de croissance annuel de 6%.

Au premier semestre 2017, la production de cette catégorie spécifique de prêts «marque une hausse modérée» de 4,3% à 20,3 milliards d’euros, nuance l’Association française des sociétés financières (ASF), dans son dernier tableau de bord. «Le recours plus marqué des ménages français au crédit à la consommation se traduit par un taux d’endettement un peu plus élevé que la moyenne de la zone euro», confirme la Banque de France dans son dernier bulletin. «Cet endettement est essentiellement destiné à l’achat de véhicules».

Le crédit conso reste privilégié pour l’achat d’une voiture

Le profil-type de l’emprunteur? Le courtier en ligne Meilleurtaux.com – revendiquant «28.000 demandes de financement de crédit à la consommation par mois» – l’a livré en exclusivité au Figaro, cette année. Les hommes représentent 65% des emprunteurs. En moyenne, cet emprunteur est âgé de 42 ans -contre 41 ans pour les femmes -, et soit célibataire, soit marié. Les «emprunteuses» sont, à 44%, célibataires. Le revenu mensuel des hommes atteint 2400 euros en moyenne, contre 1980 euros pour les femmes. Il en résulte que le montant moyen du crédit accordé aux hommes est plus important que les femmes (14.000 euros en moyenne, contre 10.8000 euros pour les emprunteuses). Il en est de même pour la durée de ce crédit qui diffère de quatre mois, en faveur des hommes. Le type de projet privilégié reste identique pour les deux sexes: le crédit auto. Le crédit à la consommation pour un projet intervient en deuxième, suivi des travaux.

Difficile d’observer avec précision l’évolution des caractéristiques des particuliers recourant au crédit à la consommation. Contactée par Le Figaro, la Banque de France explique qu’elle ne réalise pas de typologie des emprunteurs. Il apparaît ainsi difficile d’établir un quelconque parallèle avec la situation rencontrée par les jeunes Britanniques. Les données relatives au surendettement des ménages peuvent cependant nous donner quelques clés. En 2016, les personnes âgées de 18 à 34 ans représentent 22,4% des personnes surendettées, selon la dernière enquête de la Banque de France. L’année précédente, ce chiffre atteignait 23,3%. À titre indicatif, le nombre de dossiers de surendettement déposés a baissé de 9,9% au deuxième trimestre, sur douze mois.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *