Radars: 92% des recettes financent la lutte contre l’insécurité routière

Un rapport publié mardi par le ministère de l’Intérieur indique que près de 92% recettes générées par des radars automatiques financent des projets liés à la lutte contre l’insécurité routière.

Les radars automatiques servent-ils vraiment à financer la lutte contre l’insécurité routière? La question est légitime puisqu’elle a été posée en juin dernier par la Cour des comptes. Ces derniers s’interrogeaient sur l’affectation des recettes issues des différentes amendes liées aux infractions routières. Dans un document publié mardi, le ministère explique que près de 92% des recettes des radars automatiques sont bien consacrés à la lutte contre l’insécurité routière et notamment à l’amélioration du réseau routier. Un texte qui vient tordre le cou au cliché des radars «pompes à fric».

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En 2016, le produit des amendes «infractions de la route» s’est élevé à 1,8 milliard d’euros dont près de la moitié, 920 millions d’euros, provient des amendes liées au contrôle automatisé. Ce rapport officiel détaillé annexé au Projet de loi de finances de l’année 2018 est une première, a annoncé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. Le document révèle que «la quasi-totalité des amendes radars (91,8%, soit 845,2 millions d’euros), a bien été consacrée à la lutte contre l’insécurité routière, notamment à travers l’amélioration du réseau routier, contre 8,2% (75 millions d’euros) affectés au désendettement de l’État».

Ces 845,2 millions consacrés à la lutte contre l’insécurité routière sont répartis entre l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (351,5 millions d’euros), les collectivités territoriales (254,7 millions d’euros) et la Délégation à la sécurité routière (239 millions d’euros). Ils ont notamment servi au bitumage du réseau routier national, à la mise en sécurité de tunnels, au percement de galeries de sécurité, à la pose de panneaux de signalisation intelligents (panneaux à messages variables) ou encore à déployer et maintenir les systèmes automatiques de contrôle et de sanction. Les 8% restants, soit 160 millions d’euros, proviennent «uniquement des recettes liées aux amendes forfaitaires majorées».

Un document «pour répondre aux détracteurs de la sécurité routière»

Ce premier rapport officiel, qui sera publié chaque année, «témoigne du désir de transparence pour répondre aux détracteurs de la sécurité routière: on entendait que les radars c’était des pompes à fric, des recettes fiscales pour l’ État», a expliqué Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière. Les 4.398 radars ne sont pas implantés «en considération d’intérêts financiers mais uniquement pour contribuer à la réduction des morts et des blessés sur nos routes», fait valoir le ministère.

Le solde du produit des amendes «infractions de la route», soir 897 millions, correspond aux amendes de stationnement et des contraventions émises par la police de circulation.

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Depuis 2003, les recettes des radars n’ont cessé d’augmenter et devraient rapporter plus d’un milliard d’euros à l’Etat en 2018. Pourtant, la mortalité routière, elle, connaît sa troisième année d’augmentation consécutive, une première depuis 1972.

Quant au nombre d’infractions, relevé par les radars automatiques, celui-ci est passé de 20,3 millions en 2015 à 25,6 millions en 2016, soit une hausse de 26,5 %. «Cette hausse du nombre d’infractions est liée essentiellement au déploiement des radars-fixes en double sens, aux radars autonomes, à la hausse du nombre de voitures radars et à la poursuite des partenariats avec les pays de l’Union Européenne, qui permettent la poursuite transfrontalière des conducteurs ressortissants de l’Union en infraction sur le territoire français», peut-on ainsi lire dans les annexes du projet de loi de Finances 2018.

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